Le football africain retient son souffle. Devant le Tribunal Arbitral du Sport, une bataille juridique inédite oppose l'USM Alger et la RS Berkane autour d'un maillot devenu symbole politique. Le débat ? La carte du Maroc brodée sur le jersey berkani, incluant le Sahara occidental. Un classique du continent où le sport et la géopolitique dansent ensemble.
Face à cette tempête, la CAF choisit la discrétion. Patrice Motsepe et son staff ont décidé de se tenir à l'écart des projecteurs, refusant catégoriquement d'influencer les juges du TAS. Une posture claire : la justice sportive doit rester vierge de toute pression, qu'elle vienne de Rabat, d'Alger ou de Johannesburg. Le message est ferme.
En coulisse, l'organisation se prépare aux deux scénarios. Son équipe juridique défend bec et ongles ses premières décisions, qui avaient validé le fameux maillot berkani. Mais la CAF affirme aussi qu'elle acceptera le verdict sans rechigner, peu importe le sens. Un équilibriste sport qui respire la transparence.
Ce silence stratégique n'est pas neutre pour autant. En se retirant du débat public, la CAF évite de raviver un conflit régional aussi ancien que sensible. Chaque déclaration pourrait être lu comme un parti pris, chaque mot peserait lourd dans les relations algéro-marocaines. Mieux vaut laisser les magistrats du TAS trancher, seuls, sans bruit.
Le verdict approche. Quand il tombera, il redessinnera les contours du football africain moderne : celui où les symboles comptent autant que les buts.
