Les images qui circulent depuis le stade municipal de Mbalmayo posent une question dérangeante : quel niveau de professionnalisme attend-on vraiment de la Ligue 1 camerounaise ? Lors de la 7e journée des barrages de l'Elite One, un joueur d'Aigle Royal de la Menoua s'est effondré après un choc lors du duel face à Fovu de Baham. Rien de grave en soi, les collisions font partie du jeu. Mais la suite ? Le joueur blessé a reçu les premiers secours à même le sol battu du stade, sans civière, pendant que le staff médical de son club tentait de le stabiliser.
Cette photographie brutale, devenue virale sur les réseaux, cristallise les frustrations des supporters camerounais. En début de saison, la Fédération camerounaise, sous la direction de Samuel Eto'o, avait affiché des ambitions claires : moderniser le championnat, améliorer les infrastructures, professionnaliser la gestion des clubs. Des promesses enthousiastes qui rencontraient un besoin réel.
Malheureusement, les réalités du terrain racontent une autre histoire. Absence d'équipements médicaux adaptés, manque de civières d'urgence, infrastructures précaires : autant de symptômes d'une ligue qui peine à évoluer. Pour que le football camerounais soit pris au sérieux, notamment aux yeux des talents qui pourraient rester au pays ou y revenir, ces détails deviennent des essentiels. La vision de professionnalisation ne peut se limiter aux discours d'ouverture de saison.
