La saga Maroc-Sénégal aux qualifications de la CAN U17 s'épaissit. Après le refus catégorique de la Fédération Sénégalaise de Football, c'est au tour d'un magistrat du jury d'appel de la CAF de dénoncer la décision de rejouer le match. Me Yaha Abdelkader, membre de cette instance, a saisi officiellement la CAF pour contester l'ordonnance motivée par une réserve marocaine sur l'éligibilité de Seydou Gning.
Dans un courrier cinglant, l'avocat mauritanien démonte le raisonnement de ses pairs. Selon lui, le jury d'appel a outrepassé ses prérogatives en se prononçant sur une question de qualification joueur—une matière qui relève exclusivement de la commission d'organisation du tournoi. Pire encore, il accuse la majorité d'avoir statué sur « des informations erronées et incomplètes » sans respecter le droit du contradictoire. Une violation des principes basiques de la justice sportive.
Me Abdelkader ne mâche pas ses mots : cette décision « porte atteinte à la crédibilité » de la CAF et compromet « l'équité sportive ». Il demande à l'instance de Rabat de reconsidérer son verdict et menace de saisir les autorités compétentes en cas de refus. Le Sénégal, lui, envisage déjà le Tribunal Arbitral du Sport (TAS).
Cette affaire illustre les zones d'ombre chroniques qui gangrènent la gouvernance du football africain. La CAF cristallise les tensions : manque de transparence, application incohérente des règlements, doutes sur l'impartialité. Avec un jugement de première instance déjà contesté de l'intérieur même de ses structures, comment croire à la sérénité du processus ? Le TAS aura fort à faire pour redresser ce dossier.
