Neuf mois de détention, zéro réponse définitive. Le dossier des 18 supporters sénégalais emprisonnés au Maroc reste bloqué, malgré les promesses de suivi. Patrice Motsepe, président de la CAF, a abordé le sujet lors de la finale de futsal africain à Casablanca, lundi. Prudent et mesuré, il a qualifié l'affaire de « sensible et diplomatique ».
Ces membres du 12ème Gaïndé ont été arrêtés en juillet 2023 à Casablanca en route vers la Côte d'Ivoire pour les éliminatoires du Mondial 2026. Le Maroc les accuse de trafic international de drogue — des accusations qu'ils nient catégoriquement. Depuis, leurs familles attendent, l'indignation monte au Sénégal.
Motsepe assure que la CAF suit « de très près » et reste en contact avec la Fédération sénégalaise et le gouvernement. Il a même échangé avec le ministre marocain des Affaires étrangères. Mais son message est aussi celui de l'impuissance institutionnelle : « La CAF ne peut pas interférer dans les affaires judiciaires d'un pays souverain. Nous devons respecter les lois en vigueur. »
Une formule diplomatique qui sonne creuse pour les familles des détenus. Oui, la CAF comprend la douleur. Oui, elle espère une solution rapide. Mais concrètement ? Rien de nouveau. Entre respect de la souveraineté marocaine et solidarité envers les supporters sénégalais, l'institution africaine navigue sur une ligne étroite. La question reste : cette pression diplomatique suffira-t-elle vraiment ?
