Une crise diplomatique souterraine secoue le football africain. Dix-huit supporters sénégalais croupissent toujours dans les prisons marocaines, près de trois mois après la finale de la CAN 2023. Arrêtés au stade après le match, ces fans des Lions de la Teranga vivent un calvaire judiciaire qui embarrasse les plus hautes instances du continent.
Interrogé sur ce dossier explosif, Patrice Motsepe, le patron de la Confédération africaine de football, a esquivé les réponses directes. Le président de la CAF a préféré qualifier l'affaire de « sensible » et « diplomatique », reconnaissant implicitement que le football ne peut résoudre seul une crise qui dépasse largement les terrains.
Cette détention prolongée pose question sur les droits des supporters africains en déplacement et sur la capacité de la CAF à protéger ses ressortissants. Entre tensions marocco-sénégalaises et enjeux électoraux internes, le ballon rond devient otage de calculs politiques.
Le silence prudent de Motsepe révèle aussi l'impuissance relative de l'instance continentale face aux autorités nationales. Les familles des détenus réclament justice et compassion, tandis que les gouvernements négocient dans l'ombre. Une situation qui rappelle combien le sport reste tributaire des réalités géopolitiques du continent.
